Dadaab, plus grand camp de réfugiés au monde, pourrait fermer

Au Kenya, le gouvernement a annoncé son intention de fermer ses camps de réfugiés, pour des motifs sécuritaires. Le camp de Dadaab, le plus peuplé du monde avec 350 000 habitants, serait lui aussi démantelé.

Ce n’est pas une première : le Kenya dit vouloir fermer ses camps de réfugiés. Le 11 mai dernier, le ministre de l’Intérieur annonçait la crainte que des terroristes ne s’y cachent parmi les civils.

En avril 2015, après l’attaque de l’université de Garissa qui avait fait plus de 140 victimes, le gouvernement avait déjà fait part de sa volonté de fermer ses camps de réfugiés et de renvoyer ces populations dans leur pays. Sous la pression internationale, et notamment celle du Haut Comité des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les autorités kényanes s’étaient ravisées.

Pourtant, selon un récent sondage IPSOS research, 69% des Kényans sont favorables à la fermeture du camp. D’après le HCR, les risques de fermeture et les tensions que génère Dadaab chez les populations riveraines poussent 500 à 1000 personnes à quitter le camps de Dadaab chaque jour. Le camp existe depuis 1991 : initialement prévu pour 90 000 personnes, il en accueillait 425 000 en 2013 selon le HCR.

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Le camp de Dadaab, le plus grand du monde, est proche de la frontière avec la Somalie / Google Map

Dans tout le Kenya, plus de 600 000 personnes vivent dans des camps de la sorte, dont plus de la moitié dans le seul camp de Dadaab. La plupart viennent des pays voisins en proie aux conflits et à la famine. Comme c’était le cas en 2015, l’ONU a à nouveau demandé au gouvernement de reconsidérer sa décision concernant la fermeture du camp.

Le camp de Dadaab, le plus peuplé du monde, accueille plus de 350 000 déplacés. Dans leur immense majorité il s’agit de Somaliens, qui ont fui les Chebabs, un mouvement terroriste se revendiquant du fondamentalisme islamique et qui contrôle le sud de la Somalie voisine. Les Chebabs sont à l’origine de l’attaque de l’université de Garissa, située à une centaine de kilomètres à l’ouest de Dadaab.

Début août, les autorités de la région de Garissa qualifiaient le camp de « havre de terreur« . Une référence aux trafics et à la contrebande d’armes qui transiteraient par le camp depuis la Somalie, et qui servirait les réseaux terroristes implantés dans la zone.

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