« Police partout, justice nulle part », crient les banlieues françaises

A un peu plus d’un mois d’intervalle, à Bobigny puis à Paris, des manifestants demandent des comptes à l’Etat et aux forces de l’ordre. Venus pour la plupart des banlieues, ils dénoncent les discriminations et les violences policières. Entre débordements et récupérations politiques, les instigateurs du mouvement ont parfois du mal à faire entendre leurs voix.

« Police partout, justice nulle part » : ce slogan a résonné, ces dernières semaines, de la Seine-Saint-Denis à Paris. Des barres d’immeubles périphériques aux grands boulevards de la capitale.

L’étincelle, c’est l’affaire Théo. Mais comme le remarque un manifestant à Bobigny, ce « cocktail explosif », est en gestation depuis longtemps. Déclassement, insuffisance de services publics, d’emplois, de transports, mauvaises relations avec les forces de l’ordre sur fond de racisme… Voilà le quotidien d’une partie des habitants de banlieues. C’est contre cela qu’ils se lèvent et descendent dans la rue. Pour les journaux du week-end de France Culture, j’ai couvert deux de leurs manifestations.

La première se tient le samedi 11 février, à Bobigny. Plusieurs centaines de manifestants se réunissent devant le tribunal de grande instance et demandent « justice pour Théo ». Avant les débordements de la soirée puis de la nuit, l’incendie de plusieurs véhicules, les dizaines d’interpellations, etc., il y avait des discours. A la place des insultes, il y avait des revendications.

Pige réalisée pour France Culture pour le journal de 9h du 12 février 2017.
Présentation : Camille Magnard
Rédacteur en chef pour le week-end : Benoît Bouscarel
Réalisé avec l’aide des équipes techniques de France Culture

 

Après une heure de discours, des jeunes montent sur la passerelle (à droite) qui mène au TGI. Elle est bloquée par des CRS, malgré les jets de projectile et les insultes. Le face-à-face se déclinera dans de nombreuses rues de Bobigny et de Seine-Saint-Denis dans la soirée.

Un peu plus d’un mois plus tard, le 19 mars, place de la Nation, environ 7000 personnes se retrouvent à l’appel des familles de victimes de violences policières et du collectif « Urgence notre police assassine ». La manifestation se termine dans la soirée par plusieurs concerts place de la République. Elle porte autant de noms qu’il y a de manifestants : « marche pour la justice et pour la dignité », « marche contre les violences policières », « marche contre le racisme d’Etat et la colonisation »…

En tête de cortège, des responsables d’associations de banlieues et des familles de victimes. A leur suite des représentants de Nuit Debout, du parti des indigènes de la République, des anarchistes, des syndicalistes (CGT, SUD), Attac, la Ligue des Droits de l’Homme, des représentants politiques du parti de gauche et du parti communiste. Difficile, dans ce contexte, d’éviter la récupération. C’est ce qui a poussé certains membres de la famille d’Adama Traoré à refuser de participer.

Pige réalisée pour France Culture pour le journal de 6h30 du 20 mars 2017.
Présentation : Amélie Perrier
Rédacteur en chef du week-end : Benoît Bouscarel
Réalisé avec l’aide des équipes techniques de France Culture

 

En tête d’un cortège savamment organisé, les portraits de treize personnes blessées ou tuées lors d’interpellations et d’interventions policières : Rémi Fraisse, Lamine Dieng, ou encore Théodore Luhaka.

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Fabien Leboucq
Étudiant à l'École Supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, passé par Sciences-Po Lille et parti en année de mobilité au Chili puis en Floride, je suis maintenant en alternance chez RFI. L'actualité internationale me passionne, et ce blog, créé comme un carnet de voyage auprès de Mondoblog, est aussi devenu mon pressbook.

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